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FRANCOIS-RENE
DE CHATEAUBRIAND
Vous trouverez en visitant notre site de nombreux
extraits des "Mémoires
d'Outre-Tombe",
de "René", du "Génie du
Christianisme".
Rendez-vous à la "visite
virtuelle" de Combourg, ou sur la carte cliquable, à Saint-Malo, Le
Tronchet, Riniac... Bonne lecture !
Si vous êtes intéressés par la littérature, la Bibliothèque Nationale met gracieusement à
votre disposition les Oeuvres de Chateaubriand.
OEUVRES DE CHATEAUBRIAND (Lien avec la Bibliothèque
Nationale)

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LA LIBERTE DE LA PRESSE
Par François-René de Chateaubriand
" Si l'on réunit aux écrits ci-après ce que j'ai dit de
la liberté de la presse dans La Monarchie selon la Charte, dans mes anciens Discours
et Opinions, et jusque dans ma Polémique, on sera forcé de convenir qu'aucun
homme n'a plus souvent et plus constamment que moi réclamé la liberté sur laquelle
repose le gouvernement constitutionnel. J'ai quelque droit à m'en regarder comme un des
fondateurs parmi nous, car je ne l'ai trahie dans aucun temps. Je l'ai demandée dans les
premiers jours de la restauration, je l'ai voulue à Gand [Voyez le Rapport fait au roi dans son conseil à Gand.
(N.d.A.)]
comme à Paris ; prêchée par un royaliste, elle cessait d'être suspecte à des yeux qui
s'en effrayaient, à des esprits qui n'en voulaient pas, à un parti qui ne l'aimait
guère. Que ce parti la répudie de nouveau aujourd'hui, cela peut être ; mais il ne la
détruira plus. Quand je n'aurais rendu que ce service à mon pays, je n'aurais pas été
tout à fait inutile dans mon passage sur la terre.
La liberté de la presse a été presque l'unique
affaire de ma vie politique ; j'y ai sacrifié tout ce que je pouvais y sacrifier
: temps, travail ou repos. J'ai toujours considéré cette liberté comme une constitution
entière ; les infractions à la Charte m'ont paru peu de chose tant que nous conservions
la faculté d'écrire. Si la Charte était perdue, la liberté de la presse la
retrouverait et nous la rendrait ; si la censure existait, c'est en vain qu'il y aurait
une Charte. N'allons pas chicaner sur le plus ou moins de perfection de la loi qu'on doit
soumettre aux chambres : elle abolit, dit-on, la censure : eh bien, tout est là. C'est
par la liberté de la presse que les droits des citoyens sont conservés, que justice est
faite à chacun selon son mérite ; c'est la liberté de la presse, quoi qu'on en puisse
dire, qui à l'époque de la société où nous vivons est le plus ferme appui du trône
et de l'autel. Charles X nous délivra de la censure en prenant la couronne ; pour
affermir cette couronne, il ne veut pas même que les ministres à venir trouvent dans la
loi un moyen de violer la plus vitale de nos libertés [Belle expression de M. Villemain. (N.d.A.)].
Cette noble et salutaire résolution doit rendre tous les coeurs profondément
reconnaissants ; elle suffirait seule pour immortaliser le règne d'un prince aussi loyal
que généreux.
Si donc le gouvernement se détermine, comme il y a lieu
de le croire, à apporter une loi pour l'abolition de la censure facultative, pour la
suppression de la poursuite en tendance et pour l'établissement des journaux sans
autorisation préalable, je verrai s'accomplir ce que je n'ai cessé de solliciter depuis
quatorze ans."
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LES MEMOIRES
D'OUTRE-TOMBE commencés en 1806, constamment revus par l'auteur jusqu'à sa mort
le 4 juillet 1848.
"Quand la mort baissera la toile entre
moi et le monde, on trouvera que mon drame se divise en trois actes...
Dans mes trois
carrières successives, je me suis toujours proposé une grand tâche : voyageur,
j'ai aspiré à la découverte du monde polaire ; littérateur, j'ai essayé de
rétablir la religion sur ses ruines ; homme d'Etat, je me suis efforcé de donner
aux peuples le vrai système monarchique représentatif avec ses diverses libertés.
Des
auteurs modernes français de ma date, je suis quasi le seul dont la vie ressemble à ses
ouvrages : voyageur, soldat, poète, publiciste, c'est dans les bois que j'ai chanté
les bois, sur les vaisseaux que j'ai peint la mer, dans les camps que j'ai parlé des
armes, dans l'exil que j'ai appris l'exil, dans les cours, dans les affaires, dans les
assemblées que j'ai étudié les princes, la politique, les lois et l'histoire...
Si j'ai
assez souffert dans ce monde pour être dans l'autre une Ombre heureuse, un peu de
lumière des Champs-Elysées, venant éclairer mon dernier tableau, servira à rendre
moins saillants les défauts du peintre : la vie me sied mal ; la mort m'ira
peut-être mieux."
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